France: des enseignes KFC passent au halal, l'extrême droite fulmine
KFC France a annoncé le passage au halal de 24 restaurants sur 404 dès le 21 janvier. Présentée comme une adaptation commerciale locale, cette décision est pourtant instrumentalisée par l’extrême droite, qui y voit un fantasme d'"islamisation".
KFC France a annoncé le passage au halal de 24 restaurants sur 404 dès le 21 janvier. Présentée comme une adaptation commerciale locale, cette décision est pourtant instrumentalisée par l’extrême droite, qui y voit un fantasme de “communautarisme” et d’”islamisation”.
KFC France a officiellement annoncé que 24 de ses 404 restaurants en France proposeront une carte exclusivement composée de poulet certifié halal à compter du 21 janvier 2026.
Cette décision, qui concerne environ 6 % du réseau total, vise à répondre à une demande croissante de certains consommateurs tout en maintenant une offre standard dans la majorité des établissements.
L'enseigne a précisé que cette évolution est une adaptation commerciale au marché, sans intention de généraliser à l'ensemble de la chaîne, et que les restaurants concernés seront clairement identifiés sur son site internet à partir de la date effective.
L'information a émergé suite à des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux depuis début janvier 2026, suggérant un passage intégral au halal pour tous les KFC en France – une affirmation rapidement démentie par l'entreprise.
KFC a confirmé que seuls 24 établissements sont impliqués, situés principalement dans des zones urbaines à forte densité démographique, telles que Paris (Porte de la Chapelle, Clichy), Lyon, Marseille, Lille, Troyes, Tourcoing et d'autres villes comme Aulnay-sous-Bois ou Saint-Denis.
Cette mesure s'inscrit dans une tendance observée chez d'autres chaînes de fast-food : Quick avait déjà converti certains restaurants au halal en 2021, tandis que Five Guys et Pizza Hut ont récemment adopté des offres similaires dans une partie de leurs établissements, en supprimant notamment l'alcool et le porc des menus concernés.
KFC insiste sur le fait que cette initiative est motivée par le "respect des choix et de la diversité de chacun", sans impact sur les autres menus ou sur les restaurants non concernés.
L’extrême droite fulmine
L'annonce a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et dans les médias, notamment au sein de la droite et de l'extrême droite qui dénoncent le lieu commun du "virage communautariste" qui menacerait la laïcité française et l'identité nationale.
L'eurodéputée d'extrême droite, Marion Maréchal Le Pen, a tout de même déploré un “symptôme du changement de peuple et de l’islamisation de notre pays” où “la charia alimentaire devient désormais la norme”.
La nièce de Marine Le Pen ne décolère pas, et va plus loin encore en affirmant que le “halal est aussi une taxe islamique finançant le culte” des musulmans.
L’héritier Louis Sarkozy, nouvelle coqueluche des médias français, et candidat à la mairie de Menton a de son côté déploré “une disparition progressive de ce qui fait la France” qui ressemblerait “de plus en plus au Liban”.
L’anthropologue “spécialiste” du CNRS, Florence Bergeaud-Blackler, qui est entre autre, l’auteure du rapport sur “l’entrisme des Frères musulmans” en France et se targuait d’avoir appris “l’arabe classique” en Syrie sans en parler un mot, décrit le passage au halal comme une “restriction” plutôt qu’un enrichissement culturel, impliquant soi-disant une suppression du porc et de l’alcool.
Charles Consigny, chroniqueur conservateur chez RMC, a pour sa part exprimé une lassitude face aux “revendications communautaires” liées au halal, citant des exemples comme les horaires séparés à la piscine, le voile ou le burkini.
Il argue que cette démarche de KFC est un “signe supplémentaire du morcellement communautaire et du séparatisme”, et que de telles exigences n’ont pas leur place en France.
KFC déjà boycotté par les musulmans
Des internautes minimisent l'ampleur du changement, soulignant qu'il ne touche que 24 restaurants sur plus de 400, et qu'il n'impose rien aux consommateurs non intéressés.
Dans le même temps, des voix au sein de la communauté musulmane rappellent également que des boycotts existent déjà contre KFC pour d'autres raisons, notamment son soutien à Israël.
Le marché halal en France est estimé à plusieurs milliards d'euros, reflétant une demande croissante liée à la diversité démographique.
KFC présente cette décision comme purement économique, sans lien avec des revendications religieuses, et similaire à l'introduction d'options végétariennes ou à base de poisson dans le passé.
Cette initiative de KFC reste limitée à une minorité d'établissements et s'inscrit dans une stratégie d'adaptation au marché. La liste complète des restaurants concernés sera disponible sur le site de KFC à partir du 21 janvier.