Guerre au Moyen-Orient: l’énergie au cœur du conflit

Les frappes israéliennes de ce mercredi contre le champ de gaz Pars 2 suivies de frappes iraniennes sur le site de gaz liquéfié de Ras Laffan au Qatar indiquent que la guerre entre dans une nouvelle phase.

By
Le terminal gazier de Ras Laffan au Qatar / Reuters

L’escalade au Moyen-Orient franchit un nouveau seuil. D’abord concentrées sur les intérêts militaires américains et les représentations diplomatiques, les attaques visent désormais aussi les installations pétrolières et gazières.

L’Iran a répliqué aux attaques israéliennes sur son site gazier en attaquant Ras Laffan, le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du monde, au Qatar. Il a été "considérablement" endommagé, aggravant ainsi les perturbations de l’approvisionnement mondial en gaz. 

Tôt ce jeudi, la société publique QatarEnergy a fait état de "dégâts considérables" après des vagues de frappes successives ayant déclenché "d'importants incendies", tous maîtrisés depuis. 

Le Qatar est lié par une série d'accords à long terme sur le GNL avec, entre autres, le français Total, le britannique Shell, l'indien Petronet, le chinois Sinopec et l'italien Eni.

Un engrenage initié par Israël

Après la destruction partielle, ce week-end, de l’île de Karg qui permet à l’Iran d'exporter son pétrole, Israël a attaqué, mercredi, le gisement offshore iranien de South Pars, qui fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran et qui est, également, co-géré avec le Qatar.

Certaines parties du gisement ont été incendiées, selon l'Iran. 

Donald Trump a tenté, ce jeudi, d’apaiser les tensions, en affirmant que les Etats-Unis ne "savaient rien" de l'attaque israélienne. Il a également assuré qu’Israël cesserait à l’avenir ces attaques tout en menaçant l’Iran. Il a promis de détruire "l'intégralité du gisement" de South Pars si l'Iran poursuit ses frappes contre le Qatar. South Pars est l’un des champs gaziers les plus importants au monde.

Qatar Energy estime que North Field abrite environ 10% des réserves mondiales connues de gaz naturel.

La tactique israélienne est lisible mais elle n’est pas sans risque.  En visant la principale source de revenus de Téhéran, elle expose, en retour,  le Golfe à des frappes susceptibles d’élargir encore plus le conflit.
Depuis le début des hostilités, l’Iran entrave déjà le passage des pétroliers des pays liés aux belligérants dans le détroit d’Ormuz, perturbant le commerce mondial et faisant bondir le prix du baril de brut.