Hongrie: chute d’Orban, Peter Magyar s’impose et rebat les cartes en Europe
Le conservateur pro-européen Peter Magyar a remporté une victoire écrasante aux législatives, mettant fin à 16 ans de pouvoir de Viktor Orban.
Porté par une forte mobilisation électorale, Peter Magyar s’est imposé dimanche comme le grand vainqueur des élections législatives hongroises. Selon les résultats officiels quasi définitifs, son parti Tisza a recueilli plus de 53 % des voix, décrochant une large majorité parlementaire avec 138 sièges sur 199. En face, le Fidesz de Viktor Orban subit une défaite historique, ne conservant que 55 sièges.
Depuis Budapest, sur les rives du Danube, le vainqueur a célébré une “libération” du pays devant une foule enthousiaste. “Nous avons fait tomber le régime Orban”, a-t-il lancé, saluant une victoire qu’il présente comme celle de la démocratie.
Le Premier ministre sortant, au pouvoir depuis 2010, a rapidement reconnu sa défaite, évoquant des résultats “douloureux mais sans ambiguïté”, et adressant ses félicitations à son adversaire.
Une défaite au-delà des frontières hongroises
Ce revers dépasse largement le cadre national. Figure de proue du courant illibéral en Europe, Viktor Orban était devenu une référence pour de nombreux mouvements nationalistes. Sa chute est également perçue comme un revers pour le président américain Donald Trump, qui lui avait apporté un soutien appuyé durant la campagne.
Plusieurs dirigeants européens ont salué cette alternance, dont Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Donald Tusk. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que “la Hongrie a choisi l’Europe”, soulignant l’importance de ce scrutin pour l’avenir des relations avec l’Union européenne.
Au-delà des enjeux idéologiques, les analystes pointent un vote sanction lié à la situation économique. Inflation persistante, ralentissement de la croissance et accusations de corruption ont pesé sur le bilan du gouvernement sortant.
Durant la campagne, Viktor Orban avait notamment mis en garde contre l’implication de la Hongrie dans la guerre en Ukraine, accusant le président Volodymyr Zelensky de vouloir entraîner Budapest dans le conflit. Un argument qui n’a pas suffi à convaincre une majorité d’électeurs.