Scandale d’espionnage: un officier grec a transmis des secrets de l’OTAN à la Chine
Un officier supérieur de l’armée de l’air grecque, ayant accès à des renseignements de l’OTAN, a été arrêté en février, soupçonné d’espionnage, dans ce qui est considéré comme l’une “des plus graves failles de sécurité de ces dernières années”.
Des sources de l’OTAN ont confirmé qu’un officier de l’armée de l’air grecque arrêté en février pour espionnage avait des liens avec la Chine et a reconnu avoir divulgué des informations sensibles de l’Alliance atlantique.
Cette confirmation fait suite à une enquête des autorités grecques lancée deux mois plus tôt, après que les services de renseignement du pays ont reçu une alerte d’une agence occidentale de sécurité nationale indiquant que des documents “hautement sensibles” étaient transmis à la Chine par un membre de l’armée grecque.
Le suspect, identifié comme Christos Flessas, officier de l’armée de l’air basé dans la région d’Athènes, a été placé sous surveillance puis arrêté dans une installation militaire, en coordination avec d’autres services de l’État.
Flessas aurait été recruté par un agent qui l’a d’abord contacté via LinkedIn. Les deux hommes se sont rencontrés en marge d’une conférence de l’OTAN en Europe. Il aurait ensuite reçu un dispositif lui permettant de photographier, chiffrer et transmettre des informations sensibles à des contacts à Pékin.
L’officier a reconnu avoir transmis des documents classifiés. Il les a photographiés et envoyés à l’aide d’un logiciel de chiffrement spécialisé fourni par les services de renseignement chinois. Il était rémunéré pour chaque message, en devises étrangères, avec des transferts numériques pouvant atteindre 17 500 dollars.
Selon des sources militaires grecques, il aurait également reçu une formation aux techniques d’espionnage en Chine lors d’un voyage non-déclaré.
Dans une déclaration transmise par son avocat après sa comparution devant le tribunal, l’officier a affirmé:
“Sans le savoir et sans intention, je me suis retrouvé impliqué dans une situation qui a évolué de manière cauchemardesque, dangereuse et illégale. Dans mon témoignage, je n’ai pas cherché à me justifier ni, en réalité, à me défendre… Je demande à être puni de manière juste”.
Ce scandale est décrit comme un “signal d’alarme” pour la Grèce et l’OTAN concernant les tentatives de la Chine d’infiltrer les armées occidentales via des plateformes professionnelles comme LinkedIn.