Ben-Gvir prend d'assaut la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem
L'incursion de mardi marque la première entrée de Ben-Gvir dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa en 2026.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure de l'extrême droite, a de nouveau pénétré mardi dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est, sous forte escorte policière, a rapporté une agence palestinienne.
Dans un bref communiqué, la Direction des Biens religieux islamiques de Jérusalem a indiqué que Ben-Gvir était entré dans l'enceinte de la mosquée dans l'après-midi, accompagné de forces de police israéliennes.
Ces incursions de Ben-Gvir se déroulent généralement sans annonce publique préalable. Les ministres israéliens ne sont autorisés à pénétrer dans l'enceinte d'Al-Aqsa qu'avec l'autorisation préalable du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Depuis sa prise de fonctions début 2023, Ben-Gvir est entré à une quinzaine de reprises dans la mosquée Al-Aqsa. L’incursion de mardi constitue sa première entrée dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa depuis le début de l’année 2026.
Le ministre extrémiste poursuit ces provocations malgré les condamnations répétées des communautés arabe, islamique et internationale.
Depuis 2003, la police israélienne laisse régulièrement des colons israéliens illégaux prendre d’assaut l’esplanade des Mosquées.
La Direction des Biens religieux islamiques de Jérusalem a condamné à plusieurs reprises ces incursions et a exigé leur cessation immédiate, sans réponse de la part des autorités israéliennes.
280 incursions en 2025
Selon un rapport du ministère palestinien des Biens religieux et des Affaires religieuses, les colons israéliens illégaux ont mené 280 incursions dans l’esplanade des Mosquées au cours de l’année 2025.
Un haut responsable de la Direction des Biens religieux islamiques, s’exprimant auprès de l’agence Anadolu sous couvert d’anonymat, a déclaré que plus de 65 364 colons extrémistes avaient pris d’assaut ce site sensible l’année dernière.
Le rapport documente une forte escalade des violations israéliennes contre les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem et en Cisjordanie occupée.
Le ministère a noté que les incursions à Al-Aqsa s'accompagnaient de l'exécution publique de rituels talmudiques dans l'enceinte, notamment la prosternation complète, le son des trompettes, le port de vêtements de prière et des prières collectives organisées à des heures et des lieux précis, ce qui, selon lui, constituait une tentative manifeste d'imposer une division temporelle et spatiale de la mosquée.
Le ministère a indiqué que ces incursions étaient menées sous la supervision et la protection de la police israélienne, qui empêche régulièrement les gardiens d'Al-Aqsa, affiliés à la Direction des dotations islamiques, d'exercer leurs fonctions dans les cours.
Les Palestiniens accusent Israël d’intensifier ses efforts pour judaïser Jérusalem-Est occupée, y compris la mosquée Al-Aqsa, et effacer son identité arabe et islamique.
Le ministère a également documenté des attaques perpétrées par des groupes juifs extrémistes contre des pèlerins chrétiens, notamment des crachats, des actes de harcèlement et des entraves à l'accès à la basilique de la Nativité et à l'église du Saint-Sépulcre pendant les fêtes religieuses.
La mosquée Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l'islam. Les Juifs appellent ce lieu le Mont du Temple, affirmant qu'il abritait deux temples juifs dans l'Antiquité.
Israël a occupé Jérusalem-Est, où se trouve la mosquée Al-Aqsa, lors de la guerre israélo-arabe de 1967, avant d’annexer la ville entière en 1980, une annexion jamais reconnue par la communauté internationale.
Dans un arrêt historique rendu en juillet 2024, la Cour internationale de Justice a déclaré illégale l'occupation par Israël des territoires palestiniens et a exigé l'évacuation de toutes les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.