Crise énergétique: 10 milliards de dollars d’Afreximbank pour l’Afrique et les Caraïbes

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a mobilisé 10 milliards de dollars pour aider les pays du continent à affronter les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

By Jean David MIHAMLE
PHOTO D'ARCHIVES: Une vue du complexe de raffinage de pétrole et d'usine d'engrais de Dangote Industries, à Lagos, au Nigéria, le 2 mars 2026. / Reuters

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) veut anticiper les risques d’un ébranlement de la structure des économies africaines, du fait de l'instabilité dans le Moyen-Orient. Son Conseil d’administration vient d’approuver un programme de 10 milliards de dollars à cet effet. 

Ces ressources sont destinées à protéger les économies africaines et celles de la Communauté des Caraïbes (Caricom), contre les répercussions du conflit en cours au Moyen-Orient, selon un communiqué de la banque rendu public mardi.

“Ce programme d’intervention face à la crise est en phase avec notre ADN. […] Il aidera les pays africains à s’adapter en douceur à la crise tout en renforçant leur résilience face aux chocs futurs”, a déclaré le président d'Afreximbank George Elombi, saluant la “proactivité” du conseil d’administration.

Dans ce contexte, le programme vise à garantir la continuité des importations essentielles, notamment le carburant, le gaz naturel liquéfié, les produits alimentaires et pharmaceutiques. Il octroiera des devises et des liquidités en urgence aux États les plus vulnérables. Les secteurs du tourisme et de l’aviation, durement affectés par la crise, bénéficieront aussi du soutien d'Afreximbank.

“Il (le programme, ndlr) vise en outre à permettre aux exportateurs africains d’énergie et de minerais de tirer parti de la hausse des prix et de la réorientation des flux commerciaux, en augmentant la capacité de production des matières premières stratégiques grâce au financement pré-exportation, au fonds de roulement et au financement des stocks”, précise le communiqué d’Afreximbank.

Madagascar, première victime

Cette initiative a été lancée alors que Madagascar est déjà durement éprouvé par les pénuries de carburant. Le pays a déclaré hier l'état d'urgence énergétique pour 15 jours.

"Cette décision a été prise à la suite du constat d'une crise profonde liée aux dysfonctionnements dans l'approvisionnement en énergie à travers le pays", assure le gouvernement dans un communiqué, selon l’AFP. 

La majeure partie des importations de carburant sur cette île de l'Océan indien provient d'Oman, au sud du détroit d'Ormuz.

Selon les autorités malgaches, l'état d'urgence énergétique va permettre de "renforcer la capacité de l'État à agir rapidement pour résoudre les problèmes d'approvisionnement en énergie, garantir le bon fonctionnement des services publics et préserver les conditions de vie de la population".

Nul doute que Madagascar sollicitera le concours d’Afreximbank. Cette institution financière apparaît au fil des ans comme un filet de sécurité financier pour le continent, lorsqu'il est confronté à des crises exogènes.

Dans un contexte d’incertitude géopolitique accrue, Afreximbank a fait preuve d’anticipation pour éviter une nouvelle onde de choc économique sur le continent.

Les effets du conflit en Ukraine en 2022 avaient entraîné une flambée des prix du carburant, des produits de première nécessité et des tensions budgétaires dans plusieurs pays africains et 1,8 million de pauvres supplémentaires selon le PNUD.

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