Après 600 jours sans gouvernement local à Bruxelles, un accord est trouvé
Un accord a été conclu ce jeudi à Bruxelles pour former un nouvel exécutif régional, mettant un terme à plus de 600 jours de crise politique dans la capitale belge. La coalition réunira sept formations issues de la gauche et de la droite.
La vacance du pouvoir est devenue une blague belge tant la construction d’un coalition de gouvernment se révèle parfois difficile. Ainsi en 2011, la Belgique a vécu 541 jours sans gouvernement fédéral. Cette fois, la région de Bruxelles a vécu une vacance du pouvoir sans précédent dont l’épilogue a eu lieu jeudi soir.
Le président du Mouvement réformateur, Georges-Louis Bouchez, dont le parti est arrivé en tête dans la région, a officialisé jeudi devant la presse l’accord. Le Mouvement réformateur et le Parti socialiste, les deux premières forces politiques francophones à Bruxelles, sont au cœur de cet coalition.
La région de Bruxelles-Capitale, qui compte environ 1,2 million d’habitants, était sans gouvernement de plein exercice depuis le lendemain des élections régionales de juin 2024. Le scrutin avait accentué la fragmentation du paysage politique, avec quatorze partis représentés au Parlement régional.
La capitale belge perdait chaque mois 100 M. d’euros
Au-delà de l’aspect anecdotique, les tensions, les blocages et les vétos entre partis flamands et francophones ont eu des conséquences importantes sur la population bruxelloise.
L’absence d’exécutif empêchait l’adoption d’un budget et plusieurs investissements et subventions ont été suspendus. Fin janvier, le roi Philippe s’était inquiété publiquement des conséquences de cette situation pour les habitants. En Belgique, les régions ont un grand rôle dans le secteur social et l'aménagement du territoire. On a donc vu des musées licencier du personnel, des crédits bancaires refusés, des associations ont même cessé leurs activités, faute de pouvoir bénéficier de subsides renouvelés.
La situation était tellement bloquée que des manifestations ont eu lieu pour appeler les politiques à mettre “leur ego au frigo”.
Depuis fin 2025, un collectif citoyen dénommé “Respect Brussels” avait organisé plusieurs manifestations pour dénoncer l’absence de majorité et les retards dans la gestion budgétaire. Selon le dirigeant centriste Yvan Verougstraete, chaque mois de blocage accroissait l’endettement de la région d’environ 100 millions d’euros.
La nouvelle coalition régionale doit désormais entrer en fonction après validation formelle par les partis concernés.