Israël pilonne Téhéran au huitième jour de la guerre, l’Iran réplique par des attaques de drones
La guerre en Iran entre dans sa deuxième semaine sur fond d’escalade militaire dans toute la région, entre frappes israéliennes en Iran, attaques de drones revendiquées par Téhéran et incidents sécuritaires dans plusieurs pays du Golfe.
Ce samedi, plusieurs quartiers de Téhéran ont été secoués par de fortes explosions, selon la télévision d’État.
Ces déflagrations sont intervenues quelques heures après que l’armée israélienne a affirmé avoir mené une nouvelle vague de frappes aériennes.
Selon l’armée, plus de 80 avions de chasse ont ciblé des sites militaires iraniens, notamment des lanceurs de missiles et d’autres infrastructures dans la capitale ainsi que dans le centre du pays.
De son côté, l’Iran a revendiqué une intensification de ses opérations. Les forces armées iraniennes ont annoncé avoir lancé une “vague massive d’attaques” de drones contre des bases américaines et des cibles en Israël.
Parmi les objectifs mentionnés figurent la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis, qui accueille des soldats américains, une autre base au Koweït ainsi qu’une “installation stratégique” en Israël.
Les Gardiens de la Révolution ont également affirmé avoir frappé un pétrolier nommé Prima dans le Golfe à l’aide d’un drone explosif.
Selon leur communiqué relayé par l’agence Tasnim, le navire aurait ignoré “des avertissements répétés” concernant l’interdiction de navigation dans le détroit d’Ormuz en raison de l’insécurité.
Les Gardiens ont par ailleurs indiqué avoir visé trois sites de “groupes séparatistes” dans la région autonome de l’Irak.
La situation sécuritaire reste fragile en Irak. L’aéroport de Bagdad, qui abrite une base militaire et une mission diplomatique américaines, a été visé vendredi soir par des roquettes puis par des drones, selon les autorités. Aucune victime n’a été signalée.
La montée des tensions se fait également sentir dans les États du Golfe. Aux Émirats arabes unis, une opération d’interception a eu lieu ce samedi matin au-dessus de l’aéroport de Dubaï.
Des témoins rapportent une forte explosion suivie d’un nuage de fumée dans le ciel. Les autorités locales ont confirmé un “incident mineur” provoqué par la chute de débris après une interception, sans faire de blessés.
Dans la foulée, Emirates, la plus grande compagnie aérienne du Moyen-Orient, a annoncé la suspension de tous ses vols au départ et à destination de Dubaï jusqu’à nouvel ordre.
Des explosions ont également été signalées à Dubaï et dans la capitale du Bahreïn, Manama. En Israël, une explosion a retenti à Jérusalem après le déclenchement d’une alerte aérienne liée à un missile iranien. L’armée israélienne a indiqué que ses systèmes de défense travaillaient à intercepter la menace avant de lever l’alerte.
L’Arabie saoudite a, de son côté, mis en garde Téhéran contre “toute erreur d’appréciation”. Le ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, a appelé l’Iran à la “sagesse” alors que le royaume affirme être la cible de drones et de missiles iraniens.
Plus tôt dans la journée, Riyad a annoncé avoir intercepté un missile balistique qui se dirigeait vers la base aérienne du prince Sultan, laquelle accueille des militaires américains.
Dans le détroit d’Ormuz, les tensions restent particulièrement élevées. Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Ali Mohammad Naini, a déclaré que les forces iraniennes “attendaient” la présence de navires militaires américains après l’annonce par Washington d’un projet d’escorte des navires commerciaux dans la zone.
Selon les données du site MarineTraffic, seuls neuf navires de commerce ont traversé le détroit depuis lundi, après plusieurs attaques contre des navires.
Le conflit a également des répercussions au Liban. L’agence de presse officielle Ani a rapporté que des soldats israéliens auraient tenté de se poser le long de la frontière libano-syrienne dans le district de Baalbek, où le Hezbollah affirme avoir engagé le combat.
Israël n’a pas commenté ces informations, mais si elles étaient confirmées, il s’agirait de l’incursion israélienne la plus profonde au Liban depuis novembre 2024.
Sur le plan diplomatique, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent tenir dimanche une réunion d’urgence par visioconférence pour discuter des “attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs pays arabes”.
Les États-Unis continuent parallèlement de soutenir Israël sur le plan militaire. Le département d’État a approuvé la vente de 12 000 bombes de 470 kg à Israël pour un montant de 151,8 millions de dollars.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a invoqué une procédure d’urgence contournant l’approbation du Congrès, ce qui a suscité la consternation de certains élus.
L’escalade militaire a également provoqué une onde de choc sur les marchés de l’énergie. Les cours du pétrole ont bondi à des niveaux inédits depuis plusieurs années, les investisseurs redoutant une paralysie durable des flux d’hydrocarbures dans le Golfe.
Le baril de West Texas Intermediate a terminé la semaine à 90,90 dollars, en hausse de plus de 35 % sur une semaine, un record depuis la création des contrats à terme en 1983. Le Brent, référence internationale, a, lui, progressé de près de 28 % sur la même période.
Face à ces tensions, Washington envisage d’élargir la levée des sanctions sur le pétrole russe afin d’augmenter l’offre mondiale. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que “des centaines de millions de barils” actuellement sanctionnés pourraient ainsi revenir sur le marché.