Trump relève les surtaxes mondiales à 15 %, Paris et Berlin appellent à une riposte coordonnée

Le relèvement des surtaxes s’appuie sur une base juridique alternative après une décision de la Cour suprême des États-Unis ayant limité l’usage précédent de pouvoirs d’urgence pour imposer des tarifs généralisés.

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La Cour suprême américaine limite l’usage précédent de pouvoirs d’urgence pour imposer des tarifs généralisés. / Reuters

Le président américain Donald Trump a annoncé le relèvement des droits de douane appliqués à la plupart des importations étrangères, faisant passer le tarif mondial de base de 10 % à 15 %.

Cette décision marque une nouvelle étape dans le virage protectionniste engagé par Washington et ravive les tensions commerciales avec ses principaux partenaires, au premier rang desquels l’Union européenne.

Selon la Maison Blanche, cette hausse vise à “rééquilibrer” les échanges commerciaux et à protéger l’industrie américaine face à ce que l’administration considère comme des pratiques déloyales de certains partenaires. 

Le relèvement des surtaxes s’appuie sur une base juridique alternative après une décision de la Cour suprême des États-Unis ayant limité l’usage précédent de pouvoirs d’urgence pour imposer des tarifs généralisés.

La mesure devrait s’appliquer pour une période limitée (jusqu’à 150 jours selon l’administration américaine) mais elle pourrait servir de fondement à une stratégie commerciale plus durable. Les secteurs de l’automobile, de l’acier, de l’électronique et des biens de consommation sont particulièrement concernés. Pour les entreprises européennes exportatrices, l’impact pourrait être significatif, notamment en Allemagne, fortement dépendante de ses ventes industrielles vers les États-Unis.

Paris et Berlin prônent l’unité

Face à ce durcissement, la France et l’Allemagne ont rapidement réagi en appelant à une réponse commune de l’Union européenne. À Paris, le gouvernement a souligné que la politique commerciale relève de la compétence exclusive de l’UE et que toute riposte doit être élaborée collectivement, afin de préserver le poids économique et diplomatique du bloc.

À Berlin, les autorités ont insisté sur la nécessité d’éviter des réactions isolées susceptibles d’affaiblir la position européenne. L’Allemagne, première économie de l’UE et grand exportateur vers le marché américain, redoute un ralentissement de son industrie manufacturière déjà fragilisée par le contexte international.

Les deux capitales défendent l’idée d’une stratégie en deux temps, privilégier d’abord le dialogue avec Washington, tout en préparant des instruments de rétorsion si les négociations échouent.