Mort du militant Quentin à Lyon, une enquête pour homicide volontaire
Le procureur de Lyon a fait le point, hier, sur l’enquête en cours après le tabassage d'un jeune militant d’extrême droite jeudi dernier et qui est décédé de ses blessures. L’enquête a été requalifiée en homicide volontaire.
Les circonstances de l’agression du militant nationaliste Quentin Deranque, proche du collectif identitaire Némésis (féministe d’extrême-droite), ont été détaillées lors d’une conférence de presse ce lundi après-midi.
Le jeune homme a été jeté au sol et frappé par au moins six individus masqués et cagoulés, jeudi 12 février vers 18h (heure de Paris) en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à Lyon, a indiqué le procureur de Lyon.
Selon les médecins, il souffrait de lésions à la tête dont un traumatisme crânio-encéphalique majeur. Le Lyonnais est décédé samedi des suites de ses blessures. Aucune arrestation n’a eu lieu à ce jour mais plus d'une quinzaine de témoins ont été entendus. Des vidéos de l'agression sont en cours d'analyse.
"À ce stade", l'enquête, élargie au chef d'homicide volontaire, "cherche à identifier l'ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant, non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments recueillis lors des investigations", a souligné le procureur Dran.
Le procureur n’alimente pas la polémique
Alors que le gouvernement français a accusé la Jeune Garde (mouvement d’ultra-gauche anti fasciste), le procureur a refusé d'en dire davantage sur le profil des agresseurs. "Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance", a-t-il éludé.
Le collectif identitaire Némésis, proche de l'extrême droite, affirme que Quentin Deranque était chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes, venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, et qu'il avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde.
Celle-ci conteste toute responsabilité dans ces "tragiques événements", et rappelle qu’elle a suspendu toutes ses activités depuis sa dissolution par Gérald Darmanin, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.
Ce collectif avait été créé par Raphaël Arnault, devenu ensuite député LFI, qui a exprimé, samedi, sur X, "horreur et dégoût" après la mort de l'étudiant.