Emmanuel Macron soutient le maire de Saint-Denis… un peu tard
Le nouveau maire de Saint-Denis a rencontré hier le président Macron, qui l’a assuré de son soutien après les attaques racistes depuis son élection le 22 mars. L’édile a remercié le chef d’État mais a souligné que ce soutien arrive un peu tard.
Le nouvel élu de Saint-Denis a rencontré mardi soir le président Emmanuel Macron à l’occasion du concert annuel des élèves des maisons d’éducation de la Légion d’honneur qui a lieu à Saint-Denis. L’échange a eu lieu après le concert et a été cordial mais court selon l’entourage du chef de l’État.
L'édile a indiqué à l'AFP que, lors de cette première rencontre à Saint-Denis, le chef de l'État s'était "voulu rassurant" à son endroit, indiquant "qu'il condamnait bien sûr les actes racistes et qu'il était intransigeant sur cette question".
Bally Bagayoko, maire de La France insoumise (LFI) de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a remercié le président français de son soutien, qu'il a trouvé tardif, face aux attaques racistes dont il a été la cible.
Le maire a été accusé de vouloir supprimer la police municipale, a été comparé à un "singe dominant" par la chaîne CNews, a été accusé d’avoir déclaré "Saint-Denis, la ville des Noirs" par un autre média d’extrême-droite, Frontières, et ce ne sont que les informations les plus connues visant l’élu.
Bally Bagayoko a déposé plainte et une enquête a été ouverte pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion".
L’Élysée était resté silencieux après l’élection
Si plusieurs membres du gouvernement ont dénoncé des "attaques ignobles" et "inadmissibles", l'édile insoumis a regretté à de nombreuses reprises le "silence" d'Emmanuel Macron. "Ce qui est le plus scandaleux, c'est qu'il n'y a aucune condamnation (...) au niveau de l'Élysée", avait-il dit.
Lors de cette rencontre, le maire a remis un courrier au président dénonçant les insuffisances de l'État dans sa commune. Le maire a critiqué les fermetures de classes annoncées ce mois-ci pour la rentrée (35 dans la ville de Saint-Denis, et 300 dans le département de Seine-Saint-Denis), et le manque de policiers nationaux.
Le maire a également regretté les délais de traitement très longs des demandes de titres de séjour par la préfecture de Seine-Saint-Denis qui handicapent la population de la commune. Environ 40 % des habitants de Saint-Denis sont issus de l’immigration, selon l’Insee.
Bally Bagayoko a également remis à Emmanuel Macron "un T-shirt “Stop au racisme'", tee-shirt distribué lors de la grande manifestation contre le racisme du 4 avril dernier à Saint-Denis. Le président français pourra le porter lors d’une seconde manifestation prévue le 3 mai à Paris.