Le spectre d’un choc pétrolier se confirme, selon le ministre français de l’Économie

Le ministre de l’Économie a annoncé hier une inévitable crise de l’énergie et l’Insee prévoit un net regain d'inflation au printemps en raison de la hausse du prix de l’énergie.

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En France, le diesel a augmenté de 38 centimes par litre depuis le début du conflit / AFP

Mardi après-midi, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, auditionné par la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, a sonné l’alarme.

”Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier et si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l’économie”, a-t-il averti. 

Il a enfoncé le clou en ajoutant que “l’hypothèse d’une crise passagère, dont les conséquences économiques s’effaceraient avec la fin des bombardements, n’est malheureusement désormais plus d’actualité”.

Et le ministre a soutenu ses déclarations avec quelques faits: une hausse permanente de 10 dollars du baril représente environ 0,1 point de croissance en moins et 0,3 point d’inflation en plus.

Malgré la grogne des consommateurs, le Premier ministre, Sébastien Lecornu a rappelé ce mardi 24 mars qu'il n'était pas question de baisser les taxes sur le carburant.

L’Insee annonce le retour de l'inflation

L’institut national de la statistique (Insee) a publié ce mardi sa note de conjoncture et l’organisme public anticipe “un net regain d’inflation qui franchirait les 2 % au cours du printemps” (contre 0,9 % en 2025). En cause, bien sûr, la hausse du prix du pétrole liée à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février dernier.



L’impact d’un baril de brut à plus de 100 dollars est quasi immédiat à la pompe à essence (celui-ci tutoie les 100 dollars, contre 63 dollars en moyenne fin 2025),  mais cette flambée des cours des hydrocarbures va se diffuser dans les autres secteurs, cette hausse des prix de l’énergie se reportant sur les produits industriels, les services etc…

Tout va donc dépendre de la durée du conflit.

La Banque centrale européenne (BCE) est elle plus pessimiste. Elle prévoit une inflation dans la zone euro qui s’envole à 4,8 % en 2027 mais pour l’instant, les experts estiment que cette inflation sera plus modérée qu’en 2022-2023, avec la forte hausse du prix du gaz, qui avait provoqué une inflation de 7,3 %.

Pour l’instant, le ministère français de l’Économie ne modifie pas ses prévisions de croissance pour 2026, soit 1%, mais les effets de cette crise géopolitique pourraient impacter l’année 2027 et l’Insee rappelle qu'une hausse de 40 dollars du prix du baril ampute la croissance française de 0,1 point par trimestre, soit 0,4 point au bout d'un an.