L'Allemagne et la Belgique refusent de se joindre aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran

Berlin et Bruxelles excluent toute participation militaire, insistent sur la nécessité de la diplomatie et avertissent que la force seule ne peut résoudre l'escalade du conflit au Moyen-Orient.

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Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et son homologue belge, Theo Francken, lors d'une réunion de l'UE à Bruxelles, en mai 2025. / AP

L'Allemagne et la Belgique ont exclu de se joindre aux frappes militaires américano-israéliennes en cours contre l'Iran, tandis que les dirigeants européens ont exprimé leur inquiétude face à l'escalade et ont renouvelé leurs appels à la diplomatie.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a informé les parlementaires à Berlin que l'Allemagne ne participerait pas au conflit.

"L'Allemagne n'est pas partie à cette guerre. Les forces armées allemandes ne participeront pas à cette guerre", a déclaré Pistorius lors d'un débat parlementaire. "L'Allemagne fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à la désescalade et contenir la propagation de la violence.", a-t-il ajouté.

Tout en reconnaissant les débats sur la conformité des actions américaines et israéliennes au droit international, Pistorius a fait valoir que les dirigeants iraniens violent depuis longtemps les normes internationales et entretiennent une attitude hostile envers Israël.

"Une chose est claire: les attaques israélo-américaines sont dirigées contre un régime qui veut détruire Israël", a-t-il affirmé, décrivant Téhéran comme un régime répressif à l'intérieur du pays et déstabilisateur à l'extérieur.

Parallèlement, il a averti que des frappes militaires sans plan crédible pour l'après-guerre risquaient de prolonger l'instabilité.

"L'histoire nous enseigne qu'il est beaucoup plus facile de déclencher une guerre que d'y mettre fin", a soutenu Pistorius. "Nous avons besoin d'une stratégie de sortie solide, mais je n'en vois aucune pour le moment.", a-t-il fait savoir.

Pas de soutien belge

À Bruxelles, le ministre belge de la Défense, Théo Francken, a tenu un discours tout aussi ferme, déclarant au Parlement que la Belgique ne soutiendrait pas l'offensive américano-israélienne en cours.

"Nous n'allons pas faire cela", a assuré Francken, établissant une distinction entre une éventuelle assistance défensive aux partenaires régionaux et la participation à des frappes qu'il a qualifiées de "contraires au droit international".

Francken a souligné que la Belgique pourrait répondre aux demandes formelles de pays comme la Jordanie ou les Émirats arabes unis en vertu du droit international, et que les obligations de l'UE pourraient exiger une assistance à Chypre, administrée par la Grèce, si nécessaire. Il a toutefois souligné que participer à des offensives contre l'Iran était une question distincte.

Ces déclarations témoignent d'une prudence croissante au sein de l'Union européenne face à l'escalade du conflit suite aux attaques américano-israéliennes contre l'Iran et aux frappes de missiles et de drones menées par Téhéran en représailles dans toute la région.

Les deux ministres ont insisté sur le fait que l'Europe ne doit pas rester passive face à l'avenir de la région, mais ont indiqué que la voie à suivre devait être la diplomatie, et non un engagement militaire plus important.