Macron commente les municipales: “Les extrêmes sont dangereuses pour la République”

Emmanuel Macron juge les alliances électorales “dangereuses”, selon la porte-parole du gouvernement. Une prise de position peu commune entre les deux tours pour essayer de “sauver” le socle présidentiel ?

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Emmanuel Macron vote au premier tour des élections municipales au Touquet / Reuters

Pas de réserve du président de la République, au lendemain du dépôt des listes pour le second tour des municipales qui auront lieu ce dimanche 22 mars. Emmanuel Macron a commenté et jugé“dangereux” les arrangements interpartis qui ont été annoncés. . 

Le président français a estimé lors du Conseil des ministres, ce mercredi 18 mars, que "les extrêmes, où qu'ils soient, demeurent dangereux pour la République", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. "Il a insisté sur le fait que les arrangements des partis ne devaient pas faire oublier quelques principes.”D’une part, on ne peut pas oublier les discours et les actes d’excès, d’où qu’ils viennent, et d’autre part, on ne peut pas oublier les principes républicains”, a-t-elle ajouté en citant les propos du président lors du compte-rendu du Conseil des ministres. 

Le maître des horloges défend une certaine morale en politique, ce qui va sans doute faire tousser les socialistes, qu’il a gentiment menés par le bout du nez en 2017 lorsqu’il était dans un gouvernement Valls sous la présidence Hollande. 

Défense de la droite

Le chef de l’État défend en réalité son socle gouvernemental, composé du MoDem, de Renaissance, d’Horizons et du parti Les Républicains, qui sont parfois en mauvaise posture pour le second tour face à des alliances PS-LFI locales. Renaissance a fait le pari de liste d’union.

À l’arrivée, les comptes sont mauvais, entre Dati arrivée 2e à Paris, mais loin derrière son rival socialiste Emmanuel Grégoire; à Lyon, Jean-Michel Aulas, adulé lorsqu’il était président de l’OL n’est pas arrivé en tête mais est au coude-à-coude avec le maire écologiste, Grégory Doucet.

Roubaix, dans le nord, ville tenue par des centristes ou divers droite depuis des décennies, pourrait devenir une ville insoumise dimanche prochain. Les Républicains pourraient perdre Nîmes dans le Gard, leur poulain étant arrivé troisième au premier tour. Christian Estrosi (Horizons) va lui aussi sans doute perdre Nice…

100 communes fantômes

Pire, le bébé du président, le parti Renaissance, est passé sous les radars lors du premier tour. L’illusion est parfaite, Renaissance en est quasiment absent. Renaissance pourrait gagner Annecy, l’ex-ministre de l’Économie Antoine Armand étant arrivé en tête au premier tour avec 34,78 % des voix, unique prise notable si elle se confirme dimanche.

Le parti d’Emmanuel Macron avait fait l’impasse sur ces élections locales. Il n’a présenté que 360 têtes de liste et s’est concentré sur des communes de moins de 20 000 habitants. En guise de comparaison, le parti socialiste en présentait 1306 et le Rassemblement national plus de 600.

Malgré cela, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance a annoncé la “prise” de cent communes dimanche 15 mars, mais le journal Libération a découvert que sur les 25 communes rendues publiques par Renaissance, la grande majorité concernait des villages, avec souvent une liste unique.

Renaissance serait une coquille vide, un parti créé uniquement pour faire élire une personne à la présidentielle, et Renaissance va disparaître avec la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, a prédit Bruno Retailleau lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur. 

C’est sans aucun doute l’impression qui émane de ces élections locales. À Metz dans l’est de la France, Ludovic Mendes, député Renaissance à la tête d’une liste divers centre, a été disqualifié dès le premier tour, ne recueillant que 4,77 % des sondages. À Bordeaux, Thomas Cazenave, ancien ministre des Comptes publics, à la tête d’une liste d’union de la droite, est arrivé second avec 25,5 % des voix, il est toujours en lice pour le second tour.

S’il gagne la mairie de la grande ville du sud-ouest, la pilule des municipales sera peut-être moins amère pour Renaissance.