Des groupes musulmans réclament la libération d’un leader palestino-américain détenu par l'ICE

Des groupes musulmans américains réclament la libération de Salah Sarsour, leader communautaire palestino-américain détenu par l'ICE, arrêté lundi, alors qu'il conduisait près de chez lui.

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Salah Sarsour, / AP

Une coalition d'organisations musulmanes de défense des droits civiques a exigé la libération immédiate d'un leader communautaire palestino-américain de Milwaukee, détenu par des agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), une agence gouvernementale critiquée pour ses arrestations abusives et ses méthodes agressives.

Salah Sarsour, président de la Société islamique de Milwaukee et membre du conseil d'administration d'American Muslims for Palestine, a été interpellé par plus de dix agents de l'ICE lundi alors qu'il conduisait près de chez lui, selon la Société islamique de Milwaukee.

Il a d'abord été conduit dans un centre de détention à Chicago avant d'être transféré dans un autre en Indiana. L'organisation précise qu'il réside légalement aux États-Unis depuis plus de 32 ans.

Nihad Awad, directeur exécutif national du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), a qualifié la détention d' “injuste et cruelle au possible”, affirmant que l'administration  “s'en prend à un Américain d'origine palestinienne pour son courage à être un leader et à lutter contre l'injustice”.

“Une fois de plus, l'administration s'en prend à un Américain d'origine palestinienne pour son courage à être un leader et à lutter contre l'injustice. Nous exigeons sa libération immédiate et son retour auprès de sa famille”, a déclaré Awad dans un communiqué.

 “Fusée de diversion”

Une coalition d'organisations, dont le CAIR, le Conseil américain des organisations musulmanes, les Musulmans américains pour la Palestine et d'autres associations, a publié une déclaration commune condamnant cet  “enlèvement”, affirmant que M. Sarsour était ciblé en raison de ses origines palestiniennes et musulmanes.

Elles ont rejeté les accusations portées contre lui, les qualifiant de  “fusée de diversion”visant à le faire taire.

La coalition a établi un parallèle avec les cas de Mahmoud Khalil, Leqaa Kordia et Mohsen Mahdawi, accusant les États-Unis d'instrumentaliser le système judiciaire pour faire taire les voix critiques à l'égard de la politique israélienne  “au moment même où Israël commet un génocide à Gaza”.

Depuis son entrée en fonction l'année dernière, la seconde administration Trump a pris pour cible les personnalités propalestiniennes, leur refusant des visas d'entrée aux États-Unis et cherchant à les expulser en raison de leur engagement pour une Palestine libre.

Cette répression s'est heurtée à des obstacles judiciaires. Nombre de manifestants visés par des ordres d'expulsion ont été libérés par décision de justice dans l'attente de leur procès. Des juges ont également bloqué certaines tentatives de Trump visant à geler les fonds alloués aux universités.