France: deux motions de censure rejetées, le budget 2026 adopté
Les députés ont de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, après l'utilisation du 49.3 pour adopter la partie recettes du budget.
Le budget de l’Etat est adopté via le 49.3 et le gouvernement Lecornu a survécu à quatre motions de censure.
La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que la majorité est de 289 voix. Celle de l’extrême droite a recueilli seulement 140 voix.
Les députés qui ont voté la censure ont dénoncé le choix du Premier ministre de recourir à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, ce qui va à l’encontre de sa promesse devant le Parlement de renoncer à cet outil constitutionnel.
Sur le fond, l'oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l'écologie "au tout dernier rang", pointant notamment l'"effondrement" du budget alloué au Fonds vert. Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy, le budget va alourdir les impôts "d'au moins 9 milliards d'euros", tout en creusant la dette.
Les Républicains et le parti socialistes n’ont pas voté la censure comme vendredi dernier lors du vote des motions de censure sur la partie dépenses du budget.
Le chemin parlementaire du budget n’est pas terminé
Le Premier ministre a défendu ses choix. Il a tancé les députés qui parlent d’économies ou d’impôts "imaginaires", l'ancien élu de la chambre haute n'a pas épargné la droite sénatoriale, qui se prétend rigoureuse en matière budgétaire, mais in fine avait voté un budget à 5,3% de déficit.
Le texte du budget 2026 doit maintenant passer par le Sénat qui l’examinera jeudi. S' il est rejeté, il reviendra devant l'Assemblée pour une lecture définitive.
Le Premier ministre pourrait alors engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi pour boucler l’examen du budget.
Si LFI et le RN déposent deux nouvelles motions de censure, elles seront examinées début février. En cas de rejet de ces motions de censure, le budget sera adopté au terme de quatre mois de débats parlementaires sur le budget.