Le maire de Paris annonce un plan contre les agressions sexuelles au périscolaire

Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire a dévoilé un "plan d'action" pour faire face aux agressions sexuelles contre des enfants dans le cadre d'activités périscolaires gérées par la municipalité.

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Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, à l'hôtel de ville / Reuters

C’est un dossier qui avait terni la fin du mandat de sa prédécesseure Anne Hidalgo.

Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire a dévoilé un "plan d'action" pour faire face aux agressions sexuelles contre des enfants dans le cadre d'activités périscolaires gérées par la municipalité.

Ce plan très attendu pour le périscolaire, chiffré à "une vingtaine de millions d'euros", garantira "la transparence totale envers les familles", promet dans un entretien au journal Le Monde l'édile socialiste intronisé dimanche, qui a fait du périscolaire la "priorité absolue" de son début de mandat.

En pleine tempête dans les écoles de la capitale, Emmanuel Grégoire est en effet attendu au tournant par les associations et collectifs de parents d'élèves en colère, qu'il a reçus lundi, alors que les révélations d'agressions sexuelles se multiplient.

Il promet aussi de "communiquer chaque trimestre les statistiques et le nombre de suspensions d'animateurs", que les collectifs de parents d'élèves peinent aujourd'hui à obtenir. Un "livret d'accueil" et des réunions de rentrée périscolaire seront mis en place dans "chaque école" (620).

"Je m'engage à ce que l'intégralité des conclusions des enquêtes administratives, quand il y a eu un signalement, soient restituées aux familles concernées", poursuit le maire, qui installera aussi une "commission indépendante pour établir un état des lieux complet et nous rendre des préconisations".

Une "chaîne de signalement simple, accessible et identifiée" sera aussi établie: les parents pourront "saisir directement" une "cellule d'écoute et de signalement" et la mairie continuera à suspendre un animateur "au moindre soupçon". 

Selon le successeur d'Anne Hidalgo, "l'immense majorité des cas" de violences sexuelles "datent de 2024 et surtout de 2025", principalement dans des écoles maternelles.

En 2025, trente animateurs ont été suspendus à Paris, dont seize pour suspicions de faits à caractère sexuel, selon les chiffres de la mairie. Depuis janvier, neuf animateurs d'une même école maternelle du VIIe arrondissement ont été suspendus pour suspicions de violences physiques et sexuelles. 

"S’il y a eu une erreur collective, celle-ci a été de prendre ces affaires comme des cas isolés là où ils traduisent un risque systémique et peut-être même une omerta systémique. Il y a eu du silence, avec parfois des équipes managériales de proximité un peu isolées", regrette l'ancien premier adjoint, qui avait quitté l'Hôtel de ville en 2024 pour devenir député.

Il a révélé avoir été lui-même victime de violences sexuelles en milieu périscolaire quand il était enfant.