En pleine guerre en Iran, les États-Unis renforcent leur dispositif militaire au Groenland
Alors que Donald Trump a réaffirmé son intention d’intensifier la guerre en Iran, les États-Unis poursuivent en parallèle une stratégie plus discrète dans l’Arctique, en cherchant à renforcer leur présence militaire au Groenland.
Selon des informations rapportées par le New York Times, Washington est actuellement en discussion avec le Danemark pour obtenir l’accès à trois nouveaux sites militaires sur ce territoire autonome.
Jusqu’à présent, la présence américaine au Groenland reposait principalement sur la base de Pituffik, située dans le nord-ouest de l’île.
Héritée de la guerre froide, cette installation joue un rôle clé dans les systèmes d’alerte avancée et de surveillance spatiale. Le projet américain vise désormais à élargir ce dispositif afin de mieux couvrir une région jugée de plus en plus stratégique.
Parmi les sites étudiés figurent Narsarsuaq, dans le sud, et Kangerlussuaq, à l’ouest. Ces deux localités disposent d’infrastructures héritées de périodes antérieures de présence américaine.
Narsarsuaq avait été utilisée durant la Seconde Guerre mondiale pour sécuriser les routes de l’Atlantique Nord, tandis que Kangerlussuaq a servi de plateforme logistique importante pendant la guerre froide, notamment grâce à sa piste capable d’accueillir des avions de transport lourd.
Bien que ces installations aient été abandonnées à la fin du XXe siècle, elles conservent aujourd’hui un potentiel logistique significatif.
L’intérêt renouvelé pour ces sites s’inscrit dans un contexte de transformation rapide de l’Arctique. La fonte progressive de la banquise ouvre de nouvelles routes maritimes et facilite l’accès à des ressources naturelles, ce qui intensifie la compétition entre grandes puissances.
Les États-Unis cherchent ainsi à renforcer leur capacité de projection et de surveillance dans une zone où la Russie dispose déjà d’une présence militaire importante, tandis que la Chine développe également ses ambitions.
Des responsables militaires américains ont souligné, devant le Congrès, la nécessité de disposer de davantage de points d’appui dans la région.
Du côté du Danemark, la situation reste complexe. Le Groenland bénéficie d’une large autonomie, mais sa défense relève de Copenhague, liée aux États-Unis par un accord signé en 1951.
Ce cadre juridique accorde déjà à Washington un accès militaire étendu, ce qui limite les marges de manœuvre du gouvernement danois face aux nouvelles demandes américaines.
Enfin, ces discussions interviennent dans un contexte politique marqué par les déclarations répétées de Donald Trump, qui avait exprimé ces derniers mois son intérêt pour un contrôle accru du Groenland.