Le président syrien affirme que “la porte reste ouverte” à l’intégration du YPG dans l’État

Al-Charaa affirme que la reprise des affrontements avec le groupe terroriste YPG dans le quartier de Sheikh Maqsoud compromet la sécurité et l’attractivité économique de la ville.

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La poursuite des violences a sapé les efforts visant à promouvoir Alep comme pôle économique. / AA

Le président syrien Ahmed al-Charaa a déclaré que “l’État n’a pas exigé le démantèlement du YPG, mais a au contraire appelé à l’intégration de ses forces au sein des institutions étatiques”, a rapporté la télévision syrienne.

Selon des extraits d’un entretien télévisé diffusé mercredi par la chaîne Al-Ikhbariya, Ahmed al-Charaa a estimé que “la confiance ne se construit pas du jour au lendemain”, en référence au rôle du groupe terroriste durant le soulèvement syrien.

Il a affirmé que “le YPG n’a pas affronté l’ancien gouvernement pendant plus de quatorze années de conflit et a maintenu des contacts directs avec lui”.

Le président syrien a ajouté que “les avancées du YPG, durant la phase dite de libération, dans des zones telles que Deir ez-Zor et certaines parties d’Alep, ont entravé le processus de libération lui-même, et non l’ancien régime”.

Ahmed al-Charaa a précisé que “toutes les propositions de l’État ont été présentées en toute transparence à la communauté internationale”, notamment aux États-Unis, aux Nations unies ainsi qu’à plusieurs États régionaux et européens.

Il a également indiqué que “le YPG a choisi de ne pas participer à la conférence nationale, à la formation du gouvernement ni à la déclaration constitutionnelle”, bien qu’il n’en ait pas été empêché.

Le chef de l’État a souligné que “l’État a accordé neuf mois au groupe pour instaurer un climat de confiance”, insistant sur le fait que les invitations lui avaient été adressées sans intention d’exclusion.

Ahmed al-Charaa a par ailleurs accusé le groupe terroriste YPG de ne pas avoir respecté l’accord du 1er avril 2025, qui prévoyait son retrait du quartier de Sheikh Maqsoud, avec le maintien d’un nombre limité de forces de sécurité relevant du ministère de l’Intérieur, aux côtés des habitants locaux, afin d’assurer la sécurité et les services, compte tenu de la composition sociale particulière du quartier.

“Le YPG avait alors annoncé que le retrait était achevé”, a-t-il rappelé.

Environ deux mois plus tard, des affrontements ont toutefois repris, accompagnés de tirs d’obus visant des quartiers résidentiels voisins, notamment Sheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zaid, où vivent des populations arabes, kurdes et chrétiennes, a souligné le président syrien.

Il a ajouté que “des obus sont tombés sur des marchés et des zones civiles, sapant directement la sécurité dans l’ensemble d’Alep”.

Ces violences persistantes ont compromis les efforts visant à promouvoir Alep comme pôle économique, compte tenu de son potentiel industriel et agricole et de son rôle clé comme corridor commercial, a-t-il expliqué.

Le président syrien a insisté sur le fait que “l’État ne peut attirer des investissements internationaux alors que des obus sont tirés depuis un quartier résidentiel tous les quelques mois”, affirmant que la protection d’Alep et la garantie de sa stabilité constituent une priorité nationale non négociable.

En mars 2025, la présidence syrienne avait annoncé un accord prévoyant l’intégration du YPG au sein des institutions de l’État, réaffirmant l’unité territoriale du pays et rejetant toute tentative de partition.

En avril 2025, les autorités syriennes ont signé un accord distinct concernant les quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, stipulant que ces deux districts demeurent des parties administratives de la ville d’Alep, tout en respectant leurs spécificités locales.

Cet accord prévoyait notamment l’interdiction de toute présence armée, la limitation des armes aux seules forces de sécurité intérieure et le retrait de l’organisation terroriste YPG vers les zones situées à l’est de l’Euphrate, dans le nord-est de la Syrie.

Les autorités affirment, toutefois, que le YPG n’a pas respecté les termes de ces accords.

Selon les médias syriens, l’armée syrienne a récemment déployé des renforts militaires supplémentaires dans la campagne orientale d’Alep, dans un contexte de tensions croissantes avec le groupe terroriste YPG et des éléments résiduels de l’ancien régime.

Le gouvernement syrien a intensifié ses efforts pour rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, après 24 années au pouvoir.