Guerre en Iran: le Moyen-Orient est proche du "point de rupture", avertit Guterres
Le chef de l’ONU affirme que les frappes américano-israéliennes ainsi que l’escalade régionale perturbaient le commerce international, faisant grimper les prix de l’énergie et exposent davantage les civils.
S’exprimant jeudi à Ankara lors d’une cérémonie au cours de laquelle le président turc Recep Tayyip Erdogan lui a remis le Prix international de la paix Atatürk, António Guterres, le secrétaire général des Nations unies a déclaré que la guerre au Moyen-Orient affectait déjà plusieurs pays de la région.
Il a averti que l’escalade militaire perturbait les routes commerciales mondiales, faisait grimper les prix de l’énergie et alimentait une instabilité touchant de manière disproportionnée les populations pauvres et vulnérables, bien au-delà du champ de bataille.
"Le dialogue et la désescalade restent la seule voie viable", a déclaré Guterres, appelant toutes les parties à cesser les hostilités, à protéger les civils conformément au droit international et à revenir aux négociations.
"La paix est un appel à l’action"
En ouvrant son discours par des remerciements à la Türkiye et à son peuple, Guterres a déclaré que cette récompense arrivait à un moment marqué par de profondes souffrances dans le monde et par l’aggravation des divisions géopolitiques.
"La paix est plus qu’une noble vision. La paix est un cri de ralliement. C’est un appel à l’action", a-t-il affirmé.
Le chef de l’ONU a indiqué accepter le prix au nom du personnel des Nations unies œuvrant dans le monde pour l’aide humanitaire, le développement et les droits humains, le dédiant particulièrement aux employés morts dans des zones de conflit, notamment à Gaza.
Éloge du rôle humanitaire de la Türkiye
Guterres a également souligné le rôle de la Türkiye dans l’accueil de millions de réfugiés fuyant la guerre et les persécutions.
"Dans une situation de déplacement sans précédent, la Türkiye a ouvert ses portes et des millions de personnes ont fui la violence et les persécutions vers la Türkiye", a-t-il déclaré.
Il a aussi salué les efforts de médiation d’Ankara dans les crises internationales, notamment son rôle dans l’Initiative céréalière de la mer Noire ainsi que ses initiatives diplomatiques visant à obtenir un cessez-le-feu et la libération d’otages à Gaza.
Des tensions mondiales en hausse
Le chef de l’ONU a averti que le système international subissait une pression croissante à mesure que les rivalités géopolitiques s'intensifiaient et que le droit international était fréquemment violé.
"Nous parlons beaucoup de paix dans le monde mais nous en voyons très peu", a-t-il déclaré, mettant en garde contre l’augmentation des dépenses militaires, l’aggravation des inégalités et l’émergence de technologies comme l’intelligence artificielle, susceptibles d’accroître encore les risques de violence.
Les civils, a-t-il souligné, continuent de payer le prix le plus élevé des conflits, citant la crise actuelle au Moyen-Orient comme l’un des exemples les plus tragiques.