Cisjordanie et Gaza: Smotrich prône un transfert forcé des Palestiniens

En excluant Jérusalem-Est occupée, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies et avant-postes en Cisjordanie occupée, considérés comme illégaux au regard du droit international.

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Smotrich lors d'une conférence de presse sur l'expansion des colonies, près de la colonie israélienne de Maale Adumim / Reuters

Le ministre israélien d’extrême droite des Finances a déclaré vouloir promouvoir une politique visant à “encourager la migration” des Palestiniens de Cisjordanie occupée et de la bande de Gaza, rapportent des médias israéliens mercredi.

“Nous éliminerons l’idée d’un État arabe terroriste”, a affirmé Smotrich lors d’un événement organisé mardi soir par son parti Mafdal, une frange radicale du sionisme religieux. “Nous annulerons enfin, formellement et concrètement, les maudits Accords d’Oslo et nous nous engagerons sur la voie de la souveraineté, tout en encourageant l’émigration de Gaza et de Judée-Samarie”, a-t-il ajouté, utilisant le terme hébreu désignant la Cisjordanie occupée.

“Il n’y a pas d’autre solution à long terme”, a poursuivi le ministre, qui réside lui-même dans une colonie en Cisjordanie occupée.

La semaine dernière, Israël a approuvé un plan soutenu par des ministres d’extrême droite visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie et à pérenniser l’occupation, y compris dans les zones administrées par l’Autorité palestinienne en vertu des Accords d’Oslo en vigueur depuis les années 1990.

Ces mesures comprennent un processus d’enregistrement de terres en Cisjordanie comme  “propriété de l’État” ainsi que la facilitation de l’achat direct de terrains par des Israéliens juifs.

Ces décisions ont suscité une vive condamnation internationale. Mardi, les missions de 85 pays auprès de l’ONU ont dénoncé ces mesures que des critiques qualifient d’annexion de facto du territoire palestinien.

“Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales d’Israël visant à étendre sa présence illégale en Cisjordanie”, ont-elles déclaré dans un communiqué. “Ces décisions sont contraires aux obligations d’Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées. Nous réaffirmons à cet égard notre ferme opposition à toute forme d’annexion”.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également appelé lundi Israël à revenir sur sa politique d’enregistrement des terres, la qualifiant de “déstabilisatrice” et “illégale”.

La Cisjordanie occupée constitue la plus grande partie du territoire envisagé pour un futur État palestinien. De nombreux responsables de l’extrême droite israélienne la considèrent cependant comme faisant partie intégrante d’Israël.

Des ONG israéliennes ont aussi tiré la sonnette d’alarme concernant un plan d’extension des colonies signé par le gouvernement, qui marquerait, selon elles, la première expansion des frontières de Jérusalem vers la Cisjordanie occupée depuis 1967.

Le projet, annoncé par le ministère israélien de la Construction et du Logement, prévoit officiellement une extension vers l’ouest de la colonie illégale de Geva Binyamin (également appelée Adam), située au nord-est de Jérusalem, en Cisjordanie.

Le gouvernement israélien actuel a accéléré l’expansion des colonies, approuvant un nombre record de 52 implantations en 2025.

En excluant Jérusalem-Est occupée, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies et avant-postes en Cisjordanie occupée, considérés comme illégaux au regard du droit international. Environ trois millions de Palestiniens vivent dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967.