Gaza: des avocats suisses attaquent Ignazio Cassis devant la CPI
Aujourd'hui, 25 avocats suisses ont porté plainte contre le conseiller fédéral (ministre) Cassis devant la Cour pénale internationale pour complicité de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide à Gaza.
Vingt-cinq avocats ont déposé plainte contre Ignazio Cassis, le conseiller fédéral suisse chargé des affaires étrangères auprès du bureau du procureur de la Cour pénale internationale pour complicité dans les crimes commis par Israël à Gaza. Ils demandent une enquête contre le conseiller fédéral.
Selon ces avocats suisses, la Confédération viole les Conventions de Genève et ne respecte pas le droit international humanitaire. Ignazio Cassis est lui accusé de complicité de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide.
Selon ces spécialistes du droit, le ministre des Affaires étrangères aurait dû prendre toutes les mesures à sa disposition pour empêcher que de tels crimes soient commis par Israël et, à tout le moins, ne pas les favoriser de quelque manière que ce soit, ce qu'il n'a pas fait", dénoncent les avocats.
La Suisse aurait dû continuer à financer l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, aurait dû cesser toute relation commerciale avec Israël, interdire complètement l’exportation d’armes et user de son influence diplomatique, morale et économique pour empêcher la commission du génocide, argumentent-ils.
Un soutien pour Israël tout au long de la guerre
Ignazio Cassis, qui est à la tête du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) est critiqué en Suisse depuis le début de la guerre à Gaza pour son soutien indéfectible à Israël.
En juin 2025, alors que 22 pays exigent que l’aide humanitaire soit encadrée par des ONG ou l'ONU, mais pas par Israël, le conseiller fédéral suisse refuse de condamner Israël alors que la guerre a pris un tour génocidaire et que les Gazaouis manquent de nourriture.
Durant ce même mois de juin, Igniazio Cassis met au pas les 250 collaborateurs qui demandaient une condamnation des exactions répétées de l'armée israélienne envers la population civile.
Même d’anciens diplomates ont dénoncé l’inaction du département fédéral pour les affaires étrangères, en août 2025, une soixantaine d'entre eux avaient proposé dans une lettre ouverte adressée au Conseil fédéral (gouvernement) une dizaine de mesures concrètes afin de mieux faire respecter le droit international humanitaire par Israël à Gaza.
Ignazio Cassis a, durant tous ces mois de guerre, refusé de reconnaître un État de Palestine, nié le génocide, et la Suisse a continué à vendre des armes à Israël et acheter des armes à Israël pendant toute la durée de la guerre à Gaza en vertu d’un accord de 2013.
La Suisse soutient et commerce avec Israël
La Suisse qui aime à rappeler sa neutralité a, selon les avocats signataires de cette plainte, participé au développement du drone Hermes 900. Ce drone est fabriqué par le groupe d'armement israélien Elbit Systems et a été utilisé à Gaza contre la population civile.
Jacques Pilet, journaliste éditorialiste suisse dénonçait, en mai 2025 dans le journal en ligne “Bon pour la tête”, le silence assourdissant du DFAE, “d’ordinaire prompt à condamner les atteintes au droit humanitaire, à la justice internationale, notre pays se discrédite aux yeux du monde. Pas un mot du DFAE pour condamner fermement le massacre délibéré d’une population, bombardée, affamée, chassée de son territoire, “pour pointer du doigt le parti pris personnel d’Ignazio Cassis. Avant d’entrer au gouvernement, il était membre actif du groupe parlementaire d’amitié Suisse-Israël. Le conseiller fédéral n’a pas hésité à écarter de son ministère les diplomates qui ne suivaient pas ligne.
Le Ministère public de la Confédération n’a toujours pas ouvert d’enquête suite à une dénonciation pénale déposée en mai 2025, dirigée contre les conseillers fédéraux Ignazio Cassis, Karin Keller-Sutter - à la tête du département fédéral de justice et police - et Guy Parmelin, actuel président de la Confédération, relève Irène Wettstein, avocate de l'association Stop Complicity.