Fidan : les frappes illégales contre l’Iran poussent la région au bord d’une guerre plus vaste
Le ministre turc des Affaires étrangères met en garde contre l’escalade incessante de la part d’Israël qui risque d’entraîner toute la région dans le conflit, appelant à la diplomatie et au bon sens pour éviter de nouvelles destructions.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré, ce samedi, que les “frappes illégales” contre l’Iran poussent la région au bord d’une guerre plus vaste, alimentée par “l’escalade incessante d’Israël”.
“Nous rejetons tout scénario qui entraînerait les États régionaux dans un conflit dévastateur” a déclaré Fidan à l’ouverture de la deuxième journée du Sommet international de la communication stratégique (STRATCOM) 2026 à Istanbul.
“Les actions iraniennes affectant les pays du Golfe comportent précisément ce risque. Soyons clairs: cela peut être la guerre choisie par Israël, mais c’est le monde entier qui en paie le prix”, a-t-il ajouté.
Le ministre turc a souligné qu’à mesure que le conflit se prolonge, les complications géopolitiques et économiques se multiplient à un rythme alarmant.
“Depuis le premier jour, la Türkiye s’oppose à cette trajectoire dangereuse”, a-t-il rappelé.
Fidan a assuré que cette guerre est conçue pour assurer la survie politique de Netanyahu mais dont le fardeau pèse malheureusement sur le reste du monde.
Il a averti que la crise pourrait laisser des cicatrices durables, non seulement dans les villes, mais aussi dans les cœurs et les esprits des populations de la région.
“Il n’existe qu’une seule issue viable pour nous: la désescalade et la diplomatie”, a insisté Fidan.
Concernant la dernière agression d’Israël au Liban, Fidan a rappelé que son pays avait exprimé une vive opposition aux politiques expansionnistes d’Israël, en particulier sa dernière agression contre le Liban.
“Pour concrétiser ces efforts, nous poursuivons un dialogue permanent à haut niveau. Notre objectif est de définir des mesures concrètes pour mettre fin à ce conflit dans les plus brefs délais”, a-t-il expliqué avant de poursuivre:
“Cette guerre insensée doit cesser. Avant que de nouvelles destructions ne surviennent, avant que des inimitiés plus profondes ne s’enracinent, avant que l’économie mondiale ne subisse des dommages irréversibles, les canaux de dialogue doivent rester ouverts et un processus de négociation orienté vers les résultats doit être engagé rapidement”.
Fidan a averti que, tout en poursuivant la paix, la direction turque ne doit pas laisser la position extrême de Netanyahu faire dérailler la diplomatie, soulignant que “ce chaos orchestré” vise à maintenir les nations régionales “faibles, divisées et vulnérables”.
“Nous vivons une rupture systémique”
Fidan a indiqué que le thème du sommet de cette année, “Perturbation dans le système international: crises, narratifs et recherche d’ordre”, est plus pertinent que jamais.
“Nous ne vivons pas simplement une période d’instabilité, nous vivons une rupture systémique”, a-t-il pointé.
Il a expliqué que cela traduit une perturbation plus profonde, dans laquelle le système international perd sa boussole morale, sa cohérence et sa légitimité, laissant les crises sans contrôle et posant la question essentielle: le système détient-il encore autorité et crédibilité ?
“Ceux qui ont tiré profit confortablement d’un système injuste se confrontent désormais à une réalité alors que les crises touchent enfin leurs propres rivages”, a souligné Fidan.
Il a ajouté que le bon sens est ce qui est le plus nécessaire dans les heures les plus sombres et que la Türkiye “continuera de mobiliser tous les instruments diplomatiques” pour faire face aux crises.
Le ministre a assuré que “dans le monde d’aujourd’hui, le champ de bataille n’est pas seulement physique, il est aussi informationnel”, expliquant que les narratifs sont “transformés en armes pour façonner la perception, encadrer la réalité et trop souvent occulter la vérité elle-même”. Un phénomène visible dans le génocide israélien à Gaza, a-t-il conclu.