Un million de signatures pour suspendre l’accord entre l’UE et Israël
Ce mardi 14 avril, la pétition citoyenne qui demande la suspension de l'accord d'association entre l'UE et l'État hébreu a franchi le cap symbolique du million de signatures. La Commission européenne devrait être appelée à l'étudier.
Ce matin à 8h35, l’initiative citoyenne européenne (ICE) demandant la suspension de l'accord d'association entre l’Union européenne et Israël a atteint 1 014 174 signatures dans au moins 7 États membres.
Ce cap franchi oblige la Commission européenne à examiner la pétition et organiser un débat.
Les Français se sont largement mobilisés, avec près de 379 000 signatures, faisant de l'Hexagone le premier pays européen en termes de soutien à cette initiative, devant l'Italie (243 485) et l'Espagne (121 037).
Cette ICE est soutenue par l'Alliance de la gauche européenne et elle a été enregistrée le 25 novembre 2025. Le but est de forcer les pays européens à réexaminer un accord commercial signé en 1995 avec l’Etat hébreu et qui comporte une clause suspensive en cas de non-respect des droits de l’Homme.
L'article 2 du texte souligne que les relations entre l'Union européenne et Israël reposent sur "le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques", valeurs guidant tant leur politique intérieure qu'extérieure.
Malgré les demandes de nombreux députés de gauche au Parlement, malgré les mobilisations qui ont eu lieu dans toute l'Europe, le Conseil européen (la réunion des 27 chefs d’Etat des pays membres) n'a jamais réussi à s’entendre sur cette question malgré la guerre génocidaire à Gaza.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a bien lancé une mise en garde le 10 septembre 2025 lors de son discours sur l’état de l’Union sans que cela ne produise d’effet concret: la bande de Gaza est restée soumise à un blocus hermétique et à des bombardements ininterrompus
Un accord de 26 ans
L’accord est entré en vigueur en juin 2000, cet accord constitue la base légale des relations entre l'Union européenne et Israël. Celui-ci facilite les échanges commerciaux dans un cadre de libre-échange dans plusieurs secteurs, notamment industriel et agricole. Cet accord permet également à Israël de bénéficier de certains fonds européens de développement ou de recherche.
La Commission européenne a proposé en septembre 2025 un paquet de plusieurs sanctions visant l'État hébreu mais cette décision n’a pas été validée par une majorité d’États membres. L'Allemagne et l'Italie ont régulièrement refusé l’idée de sanctions contre Israël.
Des sanctions contre deux ministres du gouvernement israélien, Bezalel Smotrich, ministre des Finances et Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, ainsi que contre des colons violents et des membres du Hamas ont été également proposées. Leur adoption nécessiterait, toutefois, l'unanimité des gouvernements européens.