
Bakou est prêt à octroyer un statut d’autonomie élevée au Karabagh. Mais qu’est-ce que cela signifie ?
Dès la fin des années 1980, le terrain était préparé dans le Caucase pour permettre aux nationalismes et revendications identitaires de s’exprimer. Avec la disparition de l’URSS en 1989, les arméniens ont donné le feu vert pour réaliser leur rêve de la Grande Arménie.
Un million d’azerbaïdjanais ont du quitter leur territoire
L’Arménie a d’abord visé les territoires azerbaïdjanais. Avec le soutien de la Russie, les arméniens ont multiplié les massacres dans le Haut-Karabagh et les régions avoisinantes. Un million d’azerbaïdjanais ont du quitter les territoires qui les avaient vu naître et grandir.
Plusieurs années se sont écoulées depuis ces évènements, mais les arméniens continuent d’occuper illégalement les territoires azerbaïdjanais. C’est pourquoi, l’Azerbaïdjan souhaite mettre fin à cette occupation.
Bakou va proposer le « statut d’autonomie élevée »
L’Azerbaïdjan demande la stabilité et la paix dans le Caucase, et c’est dans ce sens qu’elle se dit prêt à accepter un statut d’autonomie élevée pour le Haut-Karabagh.
Elhan Sahinoglu, président du centre de recherches stratégiques Atlas, a partagé les détails relatifs au sujet avec TRT Info. « Il y a quelques modèles. Le président Ilham Aliev en a également parlé. La province autonome de Bolzano en Italie, le Tatarstan en Russie, les îles Åland entre la Suède et la Finlande et aussi en dernier, le modèle de l’Irlande du Nord. Tous ces modèles sont importants pour l’Azerbaïdjan qui les accepte tous », explique M. Sahinoglu.
Deux conditions pour mettre en place le statut d’autonomie
L’Azerbaïdjan demande la réalisation de deux conditions avant même de pouvoir parler d’autonomie. La première consiste à permettre aux azéris qui ont été contraints de quitter leur territoire, d’y retourner. La seconde vise le retrait des arméniens des sept autres régions qu’ils occupent, hormis le Haut-Karabagh.
Quel type de gouvernement régira la région autonome ? Le Karabagh sera-t-il lié à Bakou ou à Erevan ? Selon le spécialiste Sahinoglu, « la politique étrangère et les questions de sécurité de la région autonome doivent être liées à Bakou. Mais les autres domaines peuvent être régis par le parlement local dans le cadre de l’autonomie ».
Erevan préconise un modèle proche du Sud Soudan ou du Kosovo
L’Arménie préconise un modèle qui se rapprocherait davantage de celui du Sud Soudan ou du Kosovo. « Ce n’est pas un modèle, ces deux pays ont d’ors et déjà proclamé leur indépendance », commente M. Sahinoglu sur la proposition arménienne.
Les forces d’occupation arméniennes vont organiser le mois prochain dans le Haut-Karabagh, des soi-disant élections présidentielles.