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Agenda du Moyen-Orient 08-12

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La tension persiste au Moyen-Orient. Tandis que la crise syrienne occupe l’agenda de ces dernières semaines, une nouvelle escalade de la tension israélo-iranienne, l’une des plus problématiques de la région, est perceptible. Concernant le printemps arabe, un développement favorable a lieu avec la tenue prochaine des élections présidentielles au Yémen.

La réunion du G-20, qui est l’une des plateformes déterminant l’agenda mondial, avait également la Syrie parmi les dossiers à son ordre du jour. La réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres du G-20, durant laquelle sont mises en avant-plan les questions d’ordre économique, se tient cette année dans la ville de Los Cabos au Mexique.

Cependant, les problèmes économiques et politiques sont devenus indissociables l’un de l’autre sous l’influence de la globalisation. Alors qu’elle avait été l’une des plateformes de débats où avaient été discutés d’importants dossiers comprenant le projet du grand Moyen-Orient après l’invasion de l’Irak, le dossier syrien a été inclus à l’ordre du jour de la réunion des chefs de la diplomatie du G-20 à l’initiative du ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

Les nouveaux développements en Syrie continuent d’indisposer le monde entier après un regain de violence à la suite des vetos de la Chine et de la Russie au projet de résolution sur la Syrie voté au Conseil de sécurité des Nations unies.

L’Assemblée générale des Nations unies a publié une résolution condamnant le régime syrien, mais cette dernière n’est pas contraignante.

La pose de mines à la frontière pour arrêter la fuite des opposants à l’étranger, annoncée par Damas, a ravivé les réactions.

Dans le cadre de ces réactions, la tenue de la réunion sur la Syrie prévue les 23 et 24 février à Tunis gagne encore plus d’importance.

A cette réunion à laquelle assisteront outre les opposants syriens, la Turquie et les pays européens, sera débattue la création d’un groupe international sous l’appellation “des Amis du peuple syrien”. Bien qu’une aide pratique soit difficile au peuple syrien avec cette initiative dans un milieu où le régime syrien ne prête pas l’oreille aux questions d’aides humanitaires et où les conditions humanitaires se dégradent chaque jour davantage, cela sera un pas utile pour mettre l’administration al-Assad au pied du mur.

Le second thème que nous allons traiter cette semaine, est l’éventuelle guerre israélo-iranienne qui est devenue la cacophonie de la plus longue date, la plus secrète et autant la plus dangereuse du Moyen-Orient.

Le scénario d’une attaque d’Israël contre l’Iran débattu en permanence depuis ces dix dernières années et qui avait commencé à perdre sa crédibilité, n’a pas été aussi plausible jusqu’à présent.

Le scénario ramené à l’actualité la semaine passée par le secrétaire d’Etat américain à la Défense Leon Panetta et évoquant une frappe prochaine des installations nucléaires de l’Iran par Israël, a été évoqué cette fois par d’autres responsables. Le ministre britannique William Hague et le chef d’état-major américain Martin Dempsey ont avisé Israël de ne pas s’attaquer à l’Iran au cours de déclarations séparées. Ces déclarations survenant après celles de Panetta suscitent de sérieux soupçons.

L’avertissement de Panetta faisait part qu’une telle attaque ne produirait pas les conséquences souhaitées par Israël, et qu’elle ferait escalader le risque de conflit dans la région.

Tandis que les responsables britannique et américain ont avancé comme s’ils avaient convenu par avance, que l’attaque d’Israël contre l’Iran serait “imprudente” et aurait des conséquences graves.

Ces responsables ont révélé clairement leurs craintes de représailles de l’Iran, en attestant que les sanctions imposées contre l’Iran avaient commencé à porter leurs fruits, mais qu’une telle démarche changerait tous les équilibres.

Bien entendu, ces représailles évoquées par ces personnes sont d’ordre militaire, mais l’Iran applique aussi des sanctions économiques contre les pays européens.

Suite à la décision des pays européens d’arrêter l’importation de pétrole iranien à partir du mois de juillet, l’Iran a annoncé la semaine dernière, après avoir prévenu à l’avance, l’interruption de son acheminement de pétrole à certains pays.

En tête des pays concernés, viennent la France et la Grande-Bretagne. En outre, le vice-ministre iranien du Pétrole Ahmad Qalebani a prévenu qu’en cas de la persistance de l’Union européenne sur cette voie, ils allaient mettre fin aux exportations de pétrole destinées à l’Espagne, aux Pays-Bas, à la Grèce, à l’Allemagne, l’Italie et le Portugal.

Le dernier dossier de cette semaine porte sur les développements au Yémen. Le second pied de l’accord de partage de pouvoir est mis en application au Yémen qui est l’un des pays où le printemps arabe a montré ses effets après l’Egypte et la Tunisie, mais dont le processus entre dans l’impasse de temps à autre du fait des accrochages.

Comme nous l’avions indiqué au cours de nos précédents programmes, l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh a quitté la présidence en contrepartie des immunités qui lui ont été accordées, et a transféré ses pouvoirs au vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi.

A la suite de ce transfert de pouvoir, des élections présidentielles sont organisées dans le pays afin d’élire un président qui sera chargé de diriger le processus de transition durant lequel se tiendront les élections législatives et sera élaborée la nouvelle constitution.

Toutefois, le résultat de ces élections auxquelles n’est en lice qu’un seul candidat, est déjà déterminé. En effet, le seul candidat aux présidentielles est Abd Rabbo Mansour Hadi, qui occupe actuellement le poste de vice-président.

Le caractère démocratique de ces élections prête à discussion, mais si on prend en compte le besoin de stabilité dans le pays, cela peut être considéré en étant un développement favorable.

Date de l'information  : 23 Février 2012 09:52
Mise à jour à : 23 Février 2012 10:00
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